A Dahongliutan nous sommes arretes le temps de nous ravitailler. Nous sortons du petit resto, le coeur rechauffe d'avoir bien mange et l'esprit rassure d'avoir entre nos mains des provisions pour demain. Nous avons a peine quitter la chaleur du petit bouibouis que le froid nous envahit et le vent nous etourdit. Deux chinois viennent nous saluer pour nous souhaiter bonne route. Entre deux frissons, ils nous serrent la main et disparaissent derriere la fenetre pour regarder deux illumines s'en aller. Deux gros nuages s'accrochent aux montagnes. Le vent souffle le mauvais temps. L'angoisse nous prend. Nous quittons le village, la chaleur et le reconfort sans savoir ce qui nous attend. Devant nous une montagne hostile ou rien ne vit, rien ne grandit, un col severe a plus de 5000 m, une nuit glacial sous les etoiles... et tout sous une meteo incertaine. La haut, il n'y a ni le fourneau d'Edith pour nous rechauffer, ni les bons gouters d'Arenthon pour nous reconforter. La haut, avec nos petits kways et nos gants troues le froid nous attend. Le coeur inquiet, nous nous elancons sur les velos. Dans l'inconnu qui nous tourmante, il suffit de faire confiance a la vie pour que le vent glacial nous pousse au sommet des montagnes, pour que des mains se tendent derriere les fenetres des 4x4 et des camions militaires, pour que la porte d'une maison abandonnee soit ouverte sur la chaleur d'une nuit revee.