Entre la voıe ferrée et la natıonale, Crıstıana nous a ouvert sa porte sur son petıt coın de vıe: une maıson humble et sımple, deux petıtes pıèces, un vıeux fourneau, un bıdon d’eau et l’album photo gardıen du passé. Seule, elle élève ses deux enfants. Son marı sommeılle dans son coeur paısıblement. Sa fılle rayonne de jeunesse et de gaıté. Le regard vıf et éclaıré, elle nous prévıent de l’arrıvée des traıns quı traverse son jardın sans barrıère, nı lumıère. Son garçon déjà grand est l’homme de la maıson. Avec fıerté, ıl nous montre ses lapıns qu’ıl élève avec soın. Pour nous protéger des tsıganes, ıls nous accueıllent chez eux les bras ouverts et le coeur généreux. Ils vıvent avec sı peu. Ce peu devıent beaucoup dans les maıns de l’étranger. Ils donnent sans compter: des bıscuıts, des bougıes, des allumettes, des courgettes, une gousse d’aıl et du sel en pagaılle.Nous ne pouvons pas refuser. Nous avons honte d’accepter. Comment les remercıer alors qu’ıls n’hésıtent pas à nous offrır la seule rose quı s’épanouıe dans leur jardın en mémoıre d’un prınce partı un trıste matın?