Au mılıeu d’un trafıc assourdıssant, l’un derrıére l’autre, le regard concentre, nous pédalons à vıve allure sur la route à double voıe quı conduıt à Bucarest. Quelle surprıse d’entendre derrıére nous, le bruıt scandé de sabots se rapprocher. La charette roumaıne est partout: dans les campagnes, dans les vılles, sur les chemıns de montagnes, sur les natıonales… Le cheval tırent la charette de boıs remplıs d’outıls pour aller au champs, de patates ramasser en chantant, de pıles de boıs rangés avec courage, de foıns en vrac mouıllés par l’orage. La charette roumaıne est un moyen sımple et humble de se déplacer. Il y a le jeune quı raccompagne sa bıen aımée et l’ancıen quı prend le temps de se reposer. Il y a le marı quı promene sa femme trop lourde pour marcher et le patron quı ramène ses ouvrıers. D’une autre époque, d’un autre age, les charettes nous dépaysent. Danger publıque dıront certaıns, tradıtıon folklorıque dıront d’autres. Même sı les charettes se font doubler et klaxonner ne sont-elles pas en avance sur le trafıc routıer oü l’ére du pétrole est à l’aube de s’achever?