Entre le Pamir et Dushanbe, Obigarm est un lieu de passage, un petit village perdu dans une grande vallee. A Obigarm, on ne s'y arrete pas ou si peu. A Obigarm, nous sommes descendu des velos le temps d'un jour, le temps d'une rencontre. Sous un ciel brumeux et poussiereux, une famille nous a accueilli, heberge, nourrie. Une famille belle et chaleureuse, simple et heureuse. Il y a Nazar, le pere au visage fin et au regard clair.Nazar gagne bien sa vie comme conducteur de Taxi. Il nous a ouvert son coeur en nous montrant ses photos de l'armee. Dans ses mains, des photos jaunies par les annees. Dans ses yeux, l'emotion du passe. Il y a Marifat, la jeune maman de cinq enfants. Ses yeux noirs et penetrant ont garde leurs vinght ans. Ses mains seches et crevassees trahissent les annees. Marifat est une maman comme on les aime, douce, solide, reconfortante, aimante... Un ptit gars entre ses seins, un autre le nez dans sa jupe longue et le troisieme qui lui tend la main. Il y a Tolic le fils aine qui fut tout content de faire du velo avec Yvan. Il y a Oucha l'unique fille de la famille qui nous a montre avec fierte sa robe de princesse. Il y a les deux jumeaux qui se sont disputes un ballon venu de France, creve a peine gonfle. Et puis il y a le petit dernier le plus gloutonneux, le plus capricieux, qui fait fondre son entourage d'un amour sans partage. Dans la petite ruelle d'Obigarm, devant la maison, nous sommes montes sur nos velos en leur offrant un dernier regard pour leur dire aurevoir. En partageant leur quotidien, cette famille tadjike nous a offert de beaux instants magiques. Ce dernier regard nous remplirent de poesie et surtout l'envie de donner la vie...
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