Le chronometre est lance. Nous avons quatre jours pour relier Dushanbe. Pour des questions de visas, nous n'avons pas le choix, il faut avancer. 250km, un col 3300m, un jeu d'enfants... On est des petits enfants... Alors que le temps nous est compte, comment imaginer se retrouver sur un chemin de terre et de cailloux, a pousser les velos sans savoir ou aller, a s'entendre dire : "Vous ne pourrez pas passer. Retournez d'ou vous venez" Malgre les conseils, l'entettement est le plus grand. Nous continuons. Comment imaginer prendre un bain d'eau chaude a la chaleur d'un feu de bois et s'evanouir de fatigue sous le poids des couvertures au petit village d'Artuch perche au fin fond d'une vallee? Sous un soleil radieux, nous nous elancons sur les chemins caillouteux. Comment imaginer rencontrer quinze francais au bout du monde pour nous dire:"Impossible de continuer ou du moins sur les velos!" Encore une fois, l'entetement est le plus grand. Les sacoches sur les anes, les velos sur le dos, nous suivons la caravane. Comment imaginer chanter autour du feu sous une belle nuit etoilee, se faire attaquer par de gros chiens de berger, porter les velos au sommet des montagnes au pieds des glaciers? Tout ca pour louper les visas... Tout ca pour s'ennivrer d'un merveilleux panorama sur les contreforts de l'Himalaya...