A Alichur, il n’y a pas d’arbres sous lequel se reposer les jours de grandes chaleur. A Alichur, aucune fleurs egayent les maisons, aucun jardin derriere les portillions. Les anciens flanent dans les ruelles sans beches a la main. A Alichur, aucune fontaine, aucun ruisseau fait chanter l’eau sous le soleil. Non, il faut puiser l’eau des profondeurs. A Alichur, la terre est seche. Rien ne pousse. A plus de 3800 m, Alichur est au coeur d’une vallee ventee toute l’annee. Un vent glacial qui hante les esprits, qui s’engouffre partout, dans les ruelles, sous les portes, au creux du cou. Malgre le vent, le froid et la brulure du soleil, a Alichur, des hommes et des femmes grandissent, s’epanouissent et donnent la vie. Certains vivent de leurs troupeaux de yaks, d’autres proposent une chambre chez l’habitant pour le voyageur en transit. Tous vivent avec peu. Tous vivent de leurs produits: du pain et de beurre. Le reste est importe d’Osh ou d’ailleurs. A Alichur, les maisons aux toits plats se protegent comme elles peuvent du vent et du froid, les poteaux electriques ont remplace la cime des arbres et la pouissiere volent dans les ruelles. A Alichur, les enfants courent dans le vent le visage roussi par le soleil. Sous leurs foulards aux mille couleurs, le sourire des femmes sont eternelles. Les anciens ont le regard profond et penetrant poli par les annees…