"Allez venez, vous n'allez pas dormir dans le vent et le froid." Nous nous sentons bien fatigues pour discuter. Nous sommes sortis du petit bouisbouis le ventre rempli de gargouillis. Encore une fois la soupe tadjike fut trop riche pour nos estomacs. Nous avons enfourche les velos pour disparaitre dans la nuit. Encore une fois, la nuit nous a surprit et il nous faut quitter la ville pour trouver un abris. Tel des oiseaux de nuit, nous avons longe les ruelles en nous faisant tout petit. On a pedale sans savoir ou aller. On a pedale la tete baissee. Les jambes fatiguees, le ventre malade, nous nous sommes arretes a l'abri d'un canal. " Allez venez, je vous accueille dans ma maison fait de bois et de tapis. Ma femme et mes filles vous serviront le the et vous donneront a manger... " Mais nous nous ne comprenons rien. On a qu'une envie, s'abandonner au monde de la nuit. " Allez venez, vous etoudir de sommeil sous le poids des couvertures, venez vous rechauffer sous la chaleur de mon foyer." Nous ne comprenons toujours rien... On pense a ce qu'il peut nous arriver si on lui confie notre destin. On pense avec nos peurs de francais, avec nos reticences de savoyards. On pense a tout sauf a cet homme qui nous offre sa maison le temps d'une nuit. En lui disant non, nous oublions pourquoi nous voyageons. Nous disons oui a tout ce qu'il nous a promis pour vivre de beaux instants a la rencontre des gens.