Dans la vallee de la riviere du Pianj, le chant des moissons a commences. Les epis de ble ont la couleur du soleil. C’est le moment de les couper. Les familles sont sur les routes, la faux dans une main, un panier dans l’autre. Ils marchent rapidement, le coeur inquiet de penser au travail qui les attend. Et puis il y a les Afghans qui ont fait grandir leurs cereales au sommet des montagnes. Plus de soleil, plus de surface, plus de contraites. Tous ca pour moins de production. De parts et d’autres, les champs de ble se colorent de femmes et d’enfants. La tete haute, les hommes font chanter la faux sous la lumiere du soleil. Vetues de la tete au pieds, les femmes sont accroupies pour couper les epis, le nez dans la poussiere et les fesses a l’air. Les fagots de paille sont regroupes en petits tas. Et la, commence un long travail de patience. Les fagots se defont, les epis s’eparpillent. C’est a longueur de journee que l’homme et sont boeuf tournent sur eux-memes. D’une marche reguliere, ils tournent au rythme de la terre. Sous les sabots, le ble est battu. C’est a longueur de journee que les familles s’epuisent a recolter le grain qui les nourrira demain. Sous l’ombre du murier, l’ancien nous invite a boire le the et a partager son pain. L’homme qui tourne en rond donne toute la valeur au pain que nous mangeons.