Lhassa se reveille sous la lueur des premiers rayons de soleil. La ville ouvre les yeux sur ces centaines de pelerins qui viennent de loin se prosterner devant le Potala. Leurs prieres et leurs reves sont embrume par le froid du petit matin. La ville ouvre les yeux sur les travailleurs du Dimanche qui netoient les ruelles a coups de balais pour que Lhassa brille au soleil. Petit a petit, la ville s'anime en couleurs, en odeurs et en vie. Les tibetains se rencontrent autour d'un the au lait sucre. Les chinois se vetissent de leurs vetements administratifs. Pour eux, on ne se repose pas le dimanche, on travaille. Les commerces soulevent leurs devantures. Les vendeurs de beurre s'installent. A meme le sol, les carcasses de yacks sont disposes au bon vouloir du boucher. Apres la priere du matin, les moines recitent des mantras en tendant la main aux genereux pelerins. Bringuebalant de tous les cotes, les rickshaws avancent avec allure dans les allees. Pour gagner un maigre salaire, ils se brisent les jambes a transporter des chinois presses, des voyageurs qui n'ont pas d'heures, des anciens qui ne peuvent plus se deplacer ou de jeunes demoiselles qui ont de l'argent a depenser. Au milieu de cette foule en mouvement, une formidable energie nous envahit. Quitter son petit toit, se battre pour les visas, souffrir du vent et du froid, tout cela pour vivre un dimanche a Lhassa...