Dans les immensites desertiques des hauts plateaux, les poteaux electriques sont parfois nos seuls compagnons. Une ligne de vie qui s'enfuie a l'infini. Quand la route disparait au loin, ces milliers de poteaux qui semblent se donner la main nous indique le chemin. Quand les velos s'enlisent dans le sable, on envie cet alignement artificiel qui parcourt tant de kilometres suspendu dans le ciel. Parfois au sommet d'un poteau, une silhouette se decoupe a l'horizon. Dans le vent et le froid, ces accrobates du ciel sont toujours la. Les poteaux de beton sont lisses. Impossible de s'agripper sans l'ingeniosite de leurs crochets qu'ils portent aux pieds. A chaque nouveau appui, un systeme rigide enserre le poteau avec fermete. Defiant la pesenteur, ces hommes araignees montent et descendent dans un interminable labeur. Ils installent des crochets et font coulisser le cable. Tout ce travail de patience pour qu'au milieu de nul part, un petit telephone sommeille dans une maison de terre a plus de 50 kilometres du moindre petit village. Tout cela pour que deux cyclos desesperes de ne plus avancer s'arretent le temps de boire un the, le temps de composer un numero qu'il leur est familier. Merci aux acrobates du ciel, ces Guigonnats du Tibet, de nous donner la possibilite de partager nos tourments avec nos precieuses petites mamans...