Au bord de la Mer Noire, des vallees boisees s’etendent a perte de vue. Creusees par les torrents, les pentes frolent la verticalite. Isolees du monde, accrochees a la montagne, quatre maisons se partagent un bout de terre desboisee: nous sommes a Kantarli. Il nous faudra jouer les equilibrists pour traverser le torrent sur un bout de tuyau, gravir la pente par un chemin de terre glissant et boueux pour enfin serrer la main a la famille. L’excitation se lit sur les visages. Sur une terrasse abritee, accrochee dans le ciel, le the est apporte. Les produits de la maison sont apportes avec soin. Le miel, le fromage, le beurre et le pain sont le fruit d’un travail quotidien. Leurs quatre vaches passent l’ete dans les hauts plateaux de l’arriere pays. La ruche sommeille sous le toit. Les abeilles ont peu de fleurs a se partager en faisant du miel une grande valeur. Assise sur son banc, la grand mere a les yeux du souvenir. La joie eclaire les visages. Le nom de Salim court sur les levres. Chacun se rejouit de retrouver un fils, un pere ou l’ami de longues dates. Salim nous tend la main. Son regard timide inspire confiance. Son sourire joyeux nous seduit. Les mains remplacent la parole. Nous sommes venus la pour travailler. Nous comprenons vite que l’epoque n’est pas la bonne. Pour ne pas abuser de l’hospitalite de cette famille si genereuse, nous repartons le coeur charme.